« Il paraît que nous sommes des héros. Ça nous fait sourire, on a fait notre boulot, c’est tout. En fait, ça a été un enfer. Dunkerque en 1940 n’était rien à côté de Diên Biên Phu. Les soldats ont été sensationnels de courage. »
Extrait d’une lettre du lieutenant René Vilbert écrite le 9 septembre 1954 à Hanoï. Cinq jours plus tôt, il a été libéré après 120 jours de captivité dans la jungle. Il avait déjà été fait prisonnier (par les Allemands) 14 ans plus tôt, à Dunkerque, le 4 juin 1940.

“On attaquait des convois entre la Crète, Tobrouk et Benghazi. Tous les navires dans la zone, à l’extérieur ou à l’intérieur du port et aussi les installations d’amarrage. De jour, ils étaient défendus par un certain nombre de chasseurs allemands, des bimoteurs. Et la nuit, c’était la DCA. Environ 90 canons de 88 millimètres, dans un rayon de 80 kilomètres, autour de chaque cible. Une fois, pendant une attaque, j’étais en bas dans la soute à bombes, à maintenir les portes de la soute ouvertes, car les bombes ne pouvaient pas tomber. Mon travail consistait donc à me tenir sous le pont d’envol, à maintenir les portes ouvertes. Je pouvais tout voir. J’étais assis sur une passerelle d’environ 23 cm de large, et je pouvais voir les bombes tomber sur la cible. Et je signalais au pilote si nous avions raté la cible ou non.”
Témoignage de l’aviateur australien Kenneth Ward. En 1942, il était opérateur radio et mitrailleur dans un bombardier “Liberator” (160 Squadron de la RAF)

“Les Italiens sont aussi désordonnés que les Allemands sont disciplinés. Ils sont considérés comme des bons à rien et des lâches. Les Allemands les détestent profondément et ne veulent absolument rien avoir à faire avec eux. L’autre jour, je chargeais un camion de prisonniers de l’Axe. J’avais placé les Allemands en premier, et un de leurs officiers m’a demandé si le camion était prêt à partir. J’ai répondu que je devais d’abord placer quelques-uns de leurs amis, et j’ai pointé du doigt les Italiens. Il s’est indigné et a nié qu’ils soient ses amis, ni les amis d’aucun Allemand.”
Extrait d’une lettre du lieutenant britannique Francis Ambler. Elle a été écrite en mai 1943 juste après la libération de Tunis.

“La bombe d’Hiroshima n’a pas formé de champignon. C’était ce que j’appelle plutot un “stringer”. C’est apparu comme ça. Une fumée noire comme l’enfer, il y avait de la lumière, des couleurs, du blanc et du gris, et son sommet ressemblait à un sapin de Noël plié. L’onde de choc est arrivée sur nous après notre virage. Et le mitrailleur de queue a dit : « Ça arrive. » À peu près au moment où il a dit ça, on a reçu comme un coup de pied au derrière. Elle nous a frappé avec deux G et demi. Le lendemain, les scientifiques nous ont dit : Quand cette bombe a explosé, votre avion était à 16 kilomètres de là.”
Témoignage de Paul Tibbets, pilote du bombardier B-29 “Enola Gay” ayant réalisé le premier bombardement atomique de l’histoire sur le Japon le 6 août 1945